Plan de trésorerie prévisionnel : guide et modèle 2026

Le plan de trésorerie prévisionnel est un tableau qui projette, mois par mois, tous les encaissements et décaissements attendus de l’entreprise. Le solde de chaque mois se reporte sur le suivant. Établi en TTC et à la date de paiement réelle, il anticipe les tensions de trésorerie avant qu’elles n’arrivent.

Une entreprise rentable peut tomber à court de cash. Le compte de résultat mesure le bénéfice ; il ne dit rien du moment où l’argent entre et sort. C’est le rôle du plan de trésorerie prévisionnel : projeter la trajectoire réelle de votre solde bancaire. Ce guide en donne la méthode, les règles à ne pas manquer et un modèle à reproduire.

Qu’est-ce qu’un plan de trésorerie prévisionnel ?

Le plan de trésorerie prévisionnel est un tableau qui recense, période par période, l’ensemble des entrées et sorties d’argent attendues. Chaque mois s’ouvre sur un solde de départ, auquel s’ajoutent les encaissements et se retranchent les décaissements, pour donner un solde de clôture. Ce solde devient automatiquement le solde d’ouverture du mois suivant.

Ce principe de continuité est ce qui donne au plan sa force : il projette une trajectoire de cash sur douze mois, et pas seulement une photo à un instant donné.

À ne pas confondre avec le compte de résultat. Celui-ci mesure la rentabilité ; le plan de trésorerie mesure la liquidité l’argent réellement disponible en banque.

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Pourquoi établir un plan de trésorerie ?

Sa valeur est décisionnelle. Trois usages majeurs.

  • Anticiper les tensions. Un plan fiable révèle un trou de trésorerie plusieurs semaines à l’avance, quand il est encore temps d’agir.
  • Convaincre un financeur. Banquier et investisseur lisent le plan de trésorerie pour juger le sérieux de la gestion. Des hypothèses claires facilitent l’obtention d’un crédit au bon moment.
  • Décider sans naviguer à vue. Recrutement, investissement, nouveau produit : le plan mesure ce que votre trésorerie peut réellement encaisser.

 

Les deux règles d’or : TTC et date de paiement réelle

C’est ici que la plupart des plans dérapent. Deux principes non négociables.

  • Tout en TTC. Contrairement au compte de résultat, tenu en HT, le plan de trésorerie raisonne en TTC. La TVA transite par votre compte : elle doit apparaître, en encaissement comme en décaissement.
  • À la date de paiement réelle. On enregistre chaque flux au moment où l’argent bouge, pas à la date de facturation. Une vente de janvier réglée à 60 jours n’entre en trésorerie qu’en mars.

Cette seconde règle explique pourquoi une entreprise en croissance peut manquer de cash : le chiffre d’affaires est là, mais l’encaissement suit avec retard. Le délai moyen de paiement le DSO est donc le premier paramètre à intégrer dans vos prévisions.

Que mettre dans un plan de trésorerie ?

Le tableau se construit autour de deux blocs de flux réels.

Les encaissements :

  • Chiffre d’affaires encaissé (TTC), positionné selon les délais de paiement clients
  • Apports en capital ou en compte courant d’associé
  • Emprunts débloqués, subventions reçues
  • Remboursements de TVA éventuels

Les décaissements :

  • Achats et charges externes (TTC)
  • Salaires nets et charges sociales
  • Loyers et charges fixes
  • TVA à payer, impôts et taxes
  • Remboursement du capital des emprunts
  • Investissements, dividendes

Deux pièges de logique : le plan inclut des flux absents du compte de résultat (remboursement du capital d’emprunt, investissements, dividendes) et exclut les charges non décaissées comme les amortissements, qui ne bougent aucun euro. Le tout s’articule avec votre besoin en fonds de roulement, qui mesure le décalage structurel entre dépenses et recettes.

Modèle de plan de trésorerie : le tableau à reproduire

Voici un modèle simple sur trois mois, directement reproductible dans un tableur.

PosteJanvierFévrierMars
Solde de trésorerie début10 000 €12 000 €3 500 €
Encaissements
Ventes encaissées (TTC)30 000 €25 000 €40 000 €
Apports / emprunts0 €0 €0 €
Total encaissements30 000 €25 000 €40 000 €
Décaissements
Achats (TTC)12 000 €15 000 €14 000 €
Salaires + charges10 000 €10 000 €10 000 €
Loyer, charges fixes3 000 €3 000 €3 000 €
TVA à payer3 000 €5 500 €4 000 €
Total décaissements28 000 €33 500 €31 000 €
Solde du mois+2 000 €−8 500 €+9 000 €
Solde de trésorerie fin12 000 €3 500 €12 500 €

La lecture est immédiate : février consomme du cash (−8 500 €) et rapproche dangereusement le solde de zéro. Repéré en amont, ce creux se gère étalement d’un décaissement, relance accélérée, mobilisation d’une ligne de crédit. Repéré le jour même, il devient une crise.

Comment construire son plan de trésorerie ?

Cinq étapes suffisent pour un plan opérationnel.

  1. Fixez le solde de départ. Le solde bancaire réel au premier jour de la période.
  2. Listez les encaissements. Décalez le chiffre d’affaires selon les délais de paiement clients : une facture de janvier à 30 jours entre en février.
  3. Listez les décaissements. N’oubliez pas la TVA, le remboursement du capital des emprunts et les investissements.
  4. Calculez le solde mensuel et son cumul. Utilisez des formules, jamais des montants saisis en dur : le tableau se recalcule seul.
  5. Ajoutez une colonne « réalisé ». Comparez chaque mois le prévu à l’effectif, et réajustez. Un plan non révisé perd toute valeur.

 

Plan de trésorerie et poste client : la variable clé

La ligne la plus incertaine d’un plan de trésorerie, c’est celle des encaissements clients. Vos décaissements sont largement connus salaires, loyers, échéances. Vos entrées, elles, dépendent du bon vouloir de clients qui paient rarement à l’heure.

Un plan de trésorerie n’est donc fiable que si vos encaissements le sont. C’est là que se joue la logique de Kollec : en accélérant et en fiabilisant les paiements clients, un poste client bien piloté transforme des prévisions incertaines en trajectoire tenue. Surveiller sa balance âgée et son DSO, c’est déjà fiabiliser son prévisionnel de trésorerie.

FAQ — Questions clés sur le plan de trésorerie

Comprenez le pilotage de vos flux de trésorerie, la différence avec la rentabilité et les méthodologies de suivi.

01

Quelle différence entre plan de trésorerie et compte de résultat ?

+
Le compte de résultat mesure la rentabilité (en HT et à la date de facturation). Le plan de trésorerie mesure la liquidité (en TTC et à la date de paiement réelle). Une entreprise peut parfaitement être rentable et pourtant se retrouver en rupture de trésorerie.
02

Comment faire un plan de trésorerie prévisionnel ?

+
Fixez un solde de départ, listez mois par mois vos encaissements (au moment du paiement réel) et vos décaissements en TTC. Calculez le solde net de chaque mois puis son cumul, et reportez le solde de fin sur le mois suivant.
03

Le plan de trésorerie se fait-il en HT ou en TTC ?

+
En TTC. L'objectif est de suivre la totalité des mouvements de cash réels qui entrent et sortent du compte bancaire, TVA comprise. C'est la différence fondamentale avec le compte de résultat qui s'établit exclusivement en HT.
04

Faut-il intégrer les amortissements dans un plan de trésorerie ?

+
Non. Les amortissements sont des charges comptables calculées sans mouvement effectif de trésorerie. En revanche, le plan intègre des flux réels absents du compte de résultat, comme le remboursement du capital des emprunts ou le décaissement des investissements.
05

À quelle fréquence mettre à jour son plan de trésorerie ?

+
Idéalement chaque semaine pour enregistrer les flux réels, avec une révision mensuelle des prévisions. Un plan figé en début d'année perd très vite sa pertinence : sa fiabilité repose sur la régularité de sa mise à jour.

Anticiper vaut mieux que subir

Le plan de trésorerie prévisionnel ne prédit pas l’avenir, il l’éclaire. En projetant vos flux réels mois par mois, il transforme une inquiétude diffuse « aurai-je assez de cash ? » en une réponse chiffrée et datée. Sa fiabilité tient à deux choses : des hypothèses honnêtes, et des encaissements maîtrisés. Le reste n’est qu’une affaire de tableur tenu à jour.

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